La protection des pieds


Les blessures aux pieds, représentant environ 7 % des sièges de lésion des accidents du travail, se divisent en deux grandes catégories. La première comprend les traumatismes comme les perforations avec pénétration d’un corps étranger, les écrasements, et les lacérations. La deuxième regroupe les blessures résultant des glissades, des faux mouvements, des chutes et de sollicitations excessives du pied mal chaussé, provoquant entorses de la cheville, tendinites, épines calcanéennes, fractures du calcanéum et diaphysaires, aponévrosite plantaires et autres pathologies ligamentaires et ostéo-articulaires.


Les blessures aux pieds, représentant environ 7 % des sièges de lésion des accidents du travail, se divisent en deux grandes catégories. La première comprend les traumatismes comme les perforations avec pénétration d’un corps étranger, les écrasements, et les lacérations. La deuxième regroupe les blessures résultant des glissades, des faux mouvements, des chutes et de sollicitations excessives du pied mal chaussé, provoquant entorses de la cheville, tendinites, épines calcanéennes, fractures du calcanéum et diaphysaires, aponévrosite plantaires et autres pathologies ligamentaires et ostéo-articulaires.

Le travail à l'extérieur, notamment les chantiers BTP, les travaux en forêts et sur navires de pêche, les métiers en cuisine et dans des ateliers de fabrication alimentaire, entraînent par exemple des risques majorés d'accidents aux pieds.

Les chaussures et bottes de protection servent à protéger les pieds contre un grand nombre de blessures, le plus souvent associées à l'impact d'un objet lourd ou à la perforation causée par celui-ci, ou à une glissade.

Les chaussures de protection sont de nombreux types et doivent être choisies en fonction des risques présents dans le milieu de travail pour assurer la protection requise contre les risques connus (exemple : semelles adaptées aux conditions du sol de travail)

Les risques pour les pieds mettant en danger la sécurité et/ou la santé de l’utilisateur varient beaucoup en fonction de la situation de travail :
- Mécaniques : chocs, coincements, écrasements, perforations, piqûres.
- Chimiques : liquides corrosifs, toxiques.
- Electriques : contacts électriques, avec conducteurs sous tension, décharges électrostatiques.
- Biologiques : allergies, irritations, développement de germes pathogènes.
- Liés à l’action, aux déplacements de l’utilisateur: glissades, chutes, faux mouvement.
- Thermiques : froid, chaleur, intempéries, projections de métal fondu ou de braises...
- Rayonnements : ultraviolets…

Situations à risques :
- Chantiers BTP
- Manutention de charges
- Entretien des sols
- Travaux électriques
- Cuisines et ateliers de fabrication alimentaire
- Laveries, pêcheries
- Espaces verts et autres travaux extérieurs
- …

Les articles chaussants de protection

Par protection du pied on comprend les chaussures de sécurité bien sûr, mais aussi les bottes, les mocassins, sur-chaussures et les sabots.
Afin de favoriser le port des chaussures à usage professionnel, les fabricants ont fait des recherches au niveau de l'esthétisme et elles sont aujourd’hui plus souples et plus légères. Les fabricants de chaussures comme les fabricants de vêtements professionnels s'inspirent des tendances sportswear tout en respectant les exigences d'ergonomie, de durée de vie et de sécurité. Elles sont conçues en fonction des secteurs d'activité et s'harmonisent avec les tenues vestimentaires. La France compte une vingtaine de fabricants et reste, avec 8,5 millions de paires, le premier producteur européen. Les professionnels français sont les leaders mondiaux sur le marché.
Dans le milieu professionnel, les pieds sont susceptibles d’être exposés à des risques de natures diverses. C’est pourquoi, il existe de nombreux modèles d’articles chaussants de protection qui se distinguent les uns des autres par leurs formes, leurs matériaux constitutifs et par leurs éléments de protection.
Néanmoins, toutes ces chaussures doivent posséder un coefficient de frottement d’un minimum de 0,15.
De nombreuses spécificités existent donc dans la conception pour adapter la protection aux risques susceptibles d’être rencontrés :
- à coque ou à semelles renforcées
- Tige haute de maintien de la cheville
- Semelles anti-perforation et/ou antidérapante
- Imperméabilité
- Résistance à la chaleur par contact
- Isolation chaud/froid
- Anti statisme
- Capacité d’absorption d’énergie du talon
Les situations de travail étant très différentes, trois catégories de chaussures ont été répertoriées, se distinguant essentiellement par le niveau de protection offert par l’embout : Les embouts (ou coquilles) peuvent être en acier ou en matière synthétique, ces derniers étant plus légers et conduisant moins le froid ou la chaleur. La longueur minimale des embouts est normalisée (de 34 à 42 mm selon la pointure), mais le fabricant a l'entière liberté de la définition de la longueur de façon à ce qu’il recouvre les orteils sur toute la longueur, de la pointe jusqu'à la pliure naturelle du pied. Un coussinet recouvrant le bord de l'embout ajoute au confort.
- les chaussures de sécurité à usage professionnel
embout protégeant contre les chocs d’un niveau d’énergie équivalent à 200 Joules (soit une charge de 20 kg tombant d’un mètre) et contre l’écrasement d’une force équivalente à 1500 kg.
- les chaussures de protection à usage professionnel
Embout protégeant contre les chocs d’un niveau d’énergie équivalent à 100 Joules (soit une charge de 10 kg tombant d’un mètre) et l’écrasement une force équivalente à 1000kg.
- les chaussures de travail à usage professionnel
pour lesquels il n’existe aucune exigence concernant un éventuel embout.
Les semelles sont de diverses épaisseurs et fabriquées de divers matériaux. On doit les choisir en fonction des risques et du type de revêtement de sol au lieu de travail. La résistance au glissement diminue avec l’usure des reliefs.

La tige des chaussures de protection se présente dans une grande variété de matériaux. Le choix doit tenir compte des risques et des caractéristiques individuelles des pieds du travailleur.

La semelle intercalaire en acier qui protège le pied contre les objets pointus doit être assez flexible pour permettre au pied de plier.

Les exigences fondamentales, d’intensité variable selon les usages, se définissent comme suit :

- Protection contre les chocs verticaux au niveau du métatarse et des orteils

- Protection contre les chocs latéraux au niveau des malléoles

- Résistance à la déchirure, à la flexion, à l'abrasion

- Perméabilité à l’eau ou la vapeur d'eau

- Résistance aux hydrocarbures

- Propriété antidérapante liée au relief et matériau de la semelle

- Amortissement des chocs lors de sauts ou de chutes limitant ainsi le risque de fracture ou d’entorse de la cheville ou de lésion du talon

- Diminution de l’accumulation des charges électrostatiques et isolation du contact éventuel avec des conducteurs nus sous tension

- Protection empêchant une baisse ou une hausse excessive de température

- Protection anti-perforation incorporée dans la semelle de la chaussure

Entretien et hygiène

  • L'hygiène du pied est liée à la circulation de l'air dans la chaussure, et surtout à l'aptitude de la chaussure à absorber et à évacuer la sueur sous forme vapeur ou liquide. Des chaussures non adaptées au pied du porteur ou à son activité professionnelle causent une chaleur produite par le frottement, de la douleur qui peuvent entraîner la formation de callosités, de cors, d’ongles incarnés, d'infections fongiques (mycoses cutanées tel le pied d'athlète) …

    L’ajustement des chaussures au pied du travailleur et le niveau de confort qu'elles procurent sont donc un élément essentiel de sa sécurité au même titre que leur choix en fonction des risques présents dans le milieu de travail. Les chaussures usées ou défectueuses doivent être réparées ou remplacées.
  • Les semelles des chaussures sont des vecteurs de contamination : elles apportent dans l'établissement de nombreux micro-organismes contenus dans les débris rencontrés sur le sol. Aussi, il est important de se préoccuper tout particulièrement de leur propreté, notamment dans les secteurs alimentaires. Les chaussures de protection doivent obligatoirement être enfilées et ôtées dans les vestiaires. Toutes les précautions sont prises pour que les chaussures propres soient rangées à l'abri de toutes contaminations, évitant les contacts avec les chaussures de ville. Les chaussures de travail ou de protection doivent être nettoyées régulièrement et éventuellement imperméabilisées à l'aide d'un enduit protecteur.

Normes

  • Chaussures de sécurité

Norme EN 345 avec 3 catégories de protection : S1, S2 et S3 (ou S4 et S5 pour les polymères naturels et synthétiques).
Chaussures de sécurité S1 : Norme EN 345 S1 - Chaussures de sécurité à usage professionnel. - Produits en cuir ou autres matières (sauf tout caoutchouc ou tout polymère).
- Exigences fondamentales : embout résistant à un choc d'une énergie de 200 Joules (2 kg à 1 mètre) et un écrasement de 15 kN, innocuité, confort, solidité et arrière fermé, propriétés antistatiques, absorption d'énergie du talon.
Chaussures de sécurité S2 : Norme EN 345 S2 (ou S4 pour les polymères)
- Exigences fondamentales de S1 et tige résistant à la pénétration et l'absorption d'eau.
Chaussures de sécurité S3 : Norme EN 345 S3 (ou S5 pour les polymères)
- Exigences fondamentales de S2, semelle anti-perforation et semelle à crampons.
En l'absence de norme européenne sur le sujet, toutes les chaussures et bottes de sécurité doivent être conformes aux exigences de la norme XPS 73-012 : résistance au glissement sur sols industriels lisses et gras.

Autres symboles : une chaussure peut être marquée EN 345 S1 P : en plus des caractéristiques énumérées ci-dessus pour le marquage EN 345 S1, elle possède une semelle anti-perforation) :
P : chaussure munie d’une semelle anti-perforation
E : absorption d’énergie au talon
C : chaussure dont la résistance électrique n’est pas supérieure à 100 k W (chaussure conductrice)
A : chaussure dont les matériaux et la structure permettent de dissiper des charges électrostatiques (propriétés antistatiques)
CL : chaussures offrant une isolation thermique permettant de ralentir la montée de la température (inférieure à 22° C)
WRU : résistance des composants de la tige de la chaussure à la pénétration et à l’absorption de l’eau
HRO : résistance de la semelle à la chaleur (jusqu’à 300°C pendant une Minute)

  • Chaussures de protection

    Norme NF EN 346 : Chaussures de protection à usage professionnel, embout de protection de 100 Joules.
  • Chaussures de travail

    Contrairement aux chaussures de sécurité, elles sont sans embout de protection et répondent à la norme NF EN 347.
Contrairement aux chaussures de sécurité, elles sont sans embout de protection et répondent à la norme NF EN 347.

Norme EN 347 :
Chaussures de travail à usage professionnel.
- Classe I (produits en cuir ou autres matières sauf tout caoutchouc ou tout polymère).
- Exigences fondamentales : innocuité, confort, solidité.

Norme EN 347 O1 :
Chaussures de travail à usage professionnel.
- Classe I.
- Exigences fondamentales : innocuité, confort, solidité, arrière fermé, propriétés antistatiques, absorption d'énergie du talon, résistance de la semelle de marche aux hydrocarbures.

Norme EN 347 O2 :
- Propriétés des chaussures de travail O1 et résistance à la pénétration de l'eau.

Norme EN 347 O3 :
- Propriétés des chaussures de travail O2 et résistance à la perforation et semelle à crampons.

Norme EN 347 O4 :
Bottes.
- Exigences fondamentales : arrière fermé, propriétés antistatiques, absorption d'énergie du talon, résistance de la semelle de marche aux hydrocarbures.

Norme EN 347 O5 :
- Propriétés des bottes de travail O4, résistance à la perforation et semelles à crampons. La résistance au glissement des chaussures est une exigence essentielle de la directive européenne sur les Equipements de protection individuelle (E.P.I.).

Les méthodes d’essai et les spécifications correspondantes aux exigences des normes citées ci-avant sont rassemblées dans la norme EN ISO20344 «Équipement de protection individuelle - Méthodes d’essai pour les chaussures. »

La mention CE sur chaque étiquette indique la conformité des produits aux normes de sécurité, de confort et de solidité, définies par la loi et contrôlées par un organisme habilité par le ministère du travail.



"Les articles chaussants de protection" Référence INRS : ED 994