Enquête : des chaussures de protection chinoises à très faible protection

DES CHAUSSURES DE SECURITE CHINOISES
A TRES FAIBLE PROTECTION !


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Fédération Française de la Chaussure (FFC)
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Depuis très longtemps, les industriels français de chaussures de sécurité et de travail dénoncent la piètre qualité des chaussures importées, notamment de Chine, sans contrôles suffisants.

A leur demande, la Fédération Française de la Chaussure (FFC) a fait contrôler, par un organisme agréé (CTC : Centre Technique Cuir Chaussure Maroquinerie), des chaussures de sécurité parmi les plus couramment vendues en France pour vérifier leur conformité aux normes en vigueur.

Sur l’échantillon testé, aucune chaussure ne remplissait les conditions minimales de sécurité pour se prévaloir du marquage CE.

D’autres tests effectués par des adhérents de la FFC ou du SYNAMAP(*) (Syndicat National des Articles et Matériels de Protection), sur d’autres produits de même nature, donnent des résultats
similaires et démontrent qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé mais bien d’un problème plus général de qualité et de conformité des produits importés à bas prix.

Aujourd’hui, les industriels français dénoncent le danger potentiel pour les utilisateurs que peuvent présenter des chaussures dont les niveaux de protection ne sont pas conformes aux exigences des
normes européennes sur les critères de sécurité. La FFC a alerté le Ministère du Travail (en charge de la vérification de la conformité des équipements de protection individuelle), la DGCCRF et les Douanes sur les résultats obtenus et leur a demandé plus généralement d’augmenter leurs contrôles sur ce type de produits. La DGCCRF a, a la suite de cette interpellation procédé à un contrôle chez le fournisseur des chaussures testées.

La FFC et le SYNAMAP attirent l’attention des professionnels qui importent ou achètent des chaussures de sécurité : il est de leur responsabilité de vérifier que le marquage apposé corresponde
bien à la réalité (des résultats obtenus sur des échantillons ne suffisent pas, la production en série doit également être conforme). L’importateur est, en effet, considéré comme le responsable de mise sur le marché et peut être poursuivi, à ce titre, en cas de non-conformité.

La FFC et le SYNAMAP rappellent que leurs adhérents conçoivent, fabriquent ou font produire des produits conformes à la réglementation en vigueur et s’assurent, à tous les stades, du respect intégral des conditions de sécurité mais aussi de confort imposées par les normes européennes et formalisées par l’apposition du marquage CE. Lorsqu’un industriel français appose un marquage CE, il s’est assuré que tout a été mis en oeuvre, du choix des composants aux opérations de fabrication, pour que la chaussure réponde réellement aux normes et assure aux salariés une protection efficace.

Le marquage CE garantit en effet à l'utilisateur sécurité et confort :
- Sur le plan de la sécurité, la chaussure garantit une résistance significative contre les chocs, la perforation de la semelle et une isolation contre les risques électriques,
- Au niveau du confort et de qualité, la chaussure doit notamment permettre l’évacuation de la transpiration par l’utilisation de matériaux de qualité.

(*) La FFC et le SYNAMAP ont signé, fin juin 2006, un accord de coopération pour mettre en synergie leurs actions au service des industriels de la chaussure de sécurité

Complément d'information


Echantillon testé

La FFC a fait tester, par CTC, 7 paires de chaussures déclarées conformes à la norme EN 345 et portant le marquage CE (2 sur des pointures "extrêmes" : 39 et 46 et 5 sur la pointure 42, pointure majoritaire).

Les résultats obtenus ont été les suivants :

Exigence de base

Résistance aux chocs : 2 paires sur les 7 ont leur coquille de protection qui a cassé. La moyenne de la hauteur libre sous embout après le choc est de 3,8 mm, contre 14 mm exigés par la norme.

Résistance à l’écrasement : la moyenne des produits testés est une hauteur libre sous embout de 9,4 mm contre les 14 mm exigés par la norme.

Résistance à la perforation : la norme exige un minimum de 1100 N (Newton) et seule une paire y satisfait avec 1118, pour les autres la moyenne est de 989.

Exigence additionnelle

Résistance électrique à sec : moyenne obtenue 82 500 mégohms alors que la norme exige un résultat entre 0.1 et 1000 mégohms pour des chaussures déclarées antistatiques.

Les résultats obtenus sont donc très en dessous des exigences.

Marquage CE et norme EN ISO 20 345

Afin de garantir un niveau minimum de sécurité tout en facilitant la libre circulation des marchandises au sein du Marché unique, la Commission Européenne a adopté, dès 1985, une « Nouvelle Approche » en matière d'harmonisation. Il ne s'agit pas, comme par le passé, d'édicter des spécifications techniques très détaillées mais d'énoncer des exigences générales, dites essentielles, en matière de sécurité, de santé, d'environnement et de protection du consommateur.

Les directives, « Nouvelle Approche », rendent ainsi obligatoires le "respect d'exigences essentielles" ainsi que l'apposition d'un symbole visuel qui matérialise la conformité du produit à ces exigences : le " marquage CE ". Elles renvoient à des normes européennes harmonisées, facultatives qui traduisent les exigences essentielles en spécifications techniques.

Ces normes ne sont pas obligatoires mais les industriels ont tout intérêt à les observer car leur application présume la conformité aux exigences essentielles. En revanche dès lors que le marquage CE est apposé, il doit préciser les normes auxquelles il fait référence et les exigences de ces normes doivent être respectées.

Les normes harmonisées sont élaborées par des organismes européens de normalisation (CEN, CENELEC etc.), sur mandat de la Commission, afin de correspondre aux exigences communautaires. Elles sont ensuite publiées au JOCE et transposées en normes nationales.

Un marquage de conformité doit être apposé sur chaque exemplaire d’EPI (Equipement de protection Individuelle) dont font partie les chaussures, de manière distincte, lisible et indélébile. Il est rendu obligatoire par l’article R. 233-74 du Code du travail.

Apposé par le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché, ce marquage atteste la conformité du produit aux dispositions de la directive qui lui sont applicables. L'apposition du marquage CE, la signature de la déclaration CE de conformité, constituent un passeport assurant la libre circulation des produits concernés dans l’Union européenne.

Le marquage CE est constitué du logo CE (défini par l’arrêté du 7 févier 1997).
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Le numéro qui suit ce symbole CE permet de distinguer les EPI. Pour la chaussure (EPI dits de catégorie II), il détermine le contenu exact des exigences que doit remplir l’échantillon qui obtient le marquage (il s’agit dans ce cas de la procédure d’examen CE de type). Si seul un prototype est testé dans cette procédure, les chaussures fabriquées doivent avoir des propriétés identiques.


Norme EN ISO 20 345

Il s’agit d’une norme internationale, européenne et mondiale. En vigueur depuis octobre 2005, elle se substitue à d’anciennes normes dont elle modifie très peu le contenu.

Chaussures de sécurité selon EN 345

Les chaussures de sécurité sont réparties en différentes classes de sécurité qui définissent l'usage projeté :

EN345 SB : chaussures en cuir ou autre matériau, pas d'exigences particulières. Avec embout en acier (force de test 200J).

EN345 S1 : chaussures en cuir ou autre matériau, avec embout en acier (200J), antistatique, talons fermés, avec amortissement des chocs au niveau des talons.

EN345 S2 ou S4 : chaussures en cuir ou autre matériau (S2) ou bottes en polymère (S4) avec embout en acier (200J), antistatique, talons fermés, avec amortissement des chocs au niveau des talons. Le cuir est étanche pendant au moins 60 minutes.

EN345 S3 ou S5 : chaussures en cuir ou autre matériau (S3) ou bottes en polymère (S5) avec embout en acier (200J), antistatiques, talons fermés, avec amortissement des chocs au niveau des talons, le cuir est étanche pendant au moins 60 minutes, semelles anti-perforation, semelles d'usure profilées.

Des éléments optionnels peuvent être ajoutés : antistatique, comportement thermique, isolation au froid, etc.

Les éléments optionnels, comme les exigences de base, doivent être respectés dès lors qu’ils sont mentionnés sur le produit

Il existe d’autres normes qui fixent des exigences différentes :

EN ISO 20 346 : idem 20 345 mais la protection doit résister à une force de 100 Joules (contre 200). Les chaussures de protection sont des chaussures de protection qui résistent à une force test de 100J.

EN ISO 20 347 : Chaussures professionnelles : pas d’exigences particulières.